Le supermarché était bondé ce samedi après midi là, jour d’affluence énorme comme à l’accoutumée à cause des retardataires qui faisaient leurs courses pour la semaine suivante après une semaine de dur labeur, ou de ceux qui étaient là pour participer aux tombolas promotionnelles hebdomadaires proposées par le magasin et qui ventaient les mérites de produits très variés tels les automobiles ou les téléphones mobiles. Certains venaient là uniquement pour se rincer l’œil devant les vitrines des succursales, histoire de se rendre malheureux devant l’inaccessible. Moi j’étais là aussi sans aucune raison apparente, sans vraiment savoir ce qui m’avait emmené là, mais c’était peut être seulement pour passer le temps.
Après un tour rapide dans le rayon frais pour voir les innovations en matière de produits laitiers et un transit par le rayon parfums pour espérer sentir le parfum Mahora dont on m’avait venté les vertus à base d’ylang-ylang, je décidais de me rendre aux fruits et légumes répondant ainsi à une envie soudaine de me rappeler une certaine époque où je montais jusqu’aux cimes des arbres pour chercher mangues et agrumes. C’était le lieu le plus prisé par les badauds : un festival d’êtres humains tout en ébahissement devant les fruits d’ici et d’ailleurs, des tomates aux poires en passant par les oranges et les mangues. Ce qui m’a le plus étonné en ces lieux fut que personne ne s’intéressait aux bananes vertes mais seulement aux mûres, peut être parce qu’ici les gens ne connaissent que les recettes à base de bananes jaunes.
Des fruits de toutes sortes étaient étalés devant nous, mais je me retournais un peu partout pour voir si je connaissais quelqu’un mais ma quête fut vaine. Je décidais de m’intéresser aux pamplemousses, ces fruits qui portent en eux une contradiction assez peu commune car si beaux à l’extérieur ils cachaient un goût d’une amertume qui n’avait rien à envier à la quinine.
Peu de gens s’y intéressaient. Moi j’étais attiré par cette amertume et l’aspect rafraîchissant de ce fruit mais les autres devaient être des professionnels des agrumes.
Les fruits étaient disposés sur plusieurs rangs situés les uns à côté des autres de telle sorte que nous nous touchions les postérieurs avec ceux qui s’intéressaient aux poires et aux pommes d’à côté.
Alors je touchais, tournais, appréciais les pamplemousses avec une délectation peu commune tout en essayant de contrôler l’entrechoquement avec les fesses de la personne qui me tournait le dos. Alors j’ai eu l’idée d’en acheter une pour me rappeler le goût qu’en d’autres temps m’était familier.
J’en ai vu une bien grosse et bien verte et qui me semblait assez bonne. Alors je me dirigeais dessus avec une rapidité tout à fait machinale. J’allais la saisir, j’ai ressenti alors une émotion énorme que je ne pouvais ressentir que dans des moments comme ça.
Mon cœur n’a jamais battu aussi fortement car ce qui devait être un pamplemousse d’une amertume tout à fait scandaleuse était la main douce et caressante d’une femme ou plutôt d’une jeune femme. J’entreprenais alors de lever la tête pour découvrir son visage.
La vue de ce visage angélique me fit souvenir immédiatement d’une fête à laquelle j’avais eu la chance d’être conviée des semaines auparavant……
Ce jour là rien ne devait arriver de mal car il faisait si beau et avec sa clarté le ciel accueillait un soleil destiné à prévenir les êtres de la terre qu’il était bien temps de sortir, de profiter de la vie et de cesser de se morfondre dans l’hibernation, les appartements trois pièces ou les bourgeons.
Apparemment le message était compris de tous car c’était le printemps, la vie était belle, les hommes sortaient tels les hérissons pendant la saison des pluies ; les oiseaux criaient de joie et les floraisons multicolores embellissaient les parcs et les jardins de la ville.
Justement ce jour là, Ana Lucas offrait chez elle une fête dite du printemps, histoire d’accueillir la nouvelle saison autour de quelques bières et en compagnie d’amis de nationalités diverses. Il fallait s’habiller en circonstance ou pour les plus extravagants se travestir en fleur ou se déguiser de telle sorte qu’on puisse se rappeler la fin de l’hiver. C’était difficile pour moi car je détestais me déguiser. Je décidai de venir avec un t-shirt floqué d’un oiseau qui picotait une fleur. Autrement dit tout ce qu’il y avait de plus printanier.
La fête était bien organisée et ce qui attira mon attention au prime abord fût la forte représentation féminine. Beaucoup de ces jeunes filles avaient l’avantage du physique mais n’ayant jamais parlé avec elles, je ne pouvais présumer du développement de leur quotient intellectuel. Et pour les autres, j’espérais que les défauts physiques enveloppaient des qualités humaines irréprochables. Je m’amusais comme je pouvais, reluquant les jolies créatures embellies par les fleurs du printemps ou essayant de me délecter des chansons populaires espagnoles sur lesquelles dansaient la majorité des invités parmi lesquelles beaucoup de mes amis. Ce monde qui se trémoussait se reposait cependant de temps en temps pour discuter et prendre un verre autour de la table garnie de chips, de cacahuètes et autres amuse-gueules noyés dans une forêt de bouteilles d’alcool.
Alors que j’étais assis à côté, Mathieu me surprit entrain de regarder les autres danser et il me tendit une rose. C’était une jolie rose qui cependant commençait à se faner sans doute avait elle été cueilli pendant la journée dans quelque jardin qui avait répondu à l’appel du saint esprit dont le soleil du printemps était le digne ambassadeur.
La gêne a succédé à l’étonnement que je ressentis car dans ce genre de réunions le moindre écart d’esprit était répertorié dans la rubrique des potins. Recevoir une rose de la part d’un homme pouvait être interprété comme une manifestation directe et non moins affectueuse d’un attachement profond et delà pourrait se voir une relation homosexuelle entre deux personnes qui avaient pourtant eu le temps et les occasions de faire étalage de leur attraction pour le sexe opposé.
Je pris cependant la rose en me souciant des regards curieux qui apparemment se tournaient vers des préoccupations plus attrayantes. Je gardais la rose, la regardais, la maltraitais et essayais de l’offrir par deux fois mais la première fille à qui je l’avais proposé fût appelée au même moment et la seconde me dit qu’elle était prise alors que je ne lui avais rien demandé sur sa vie privée. Quand à celles qui étaient mes amies, elles m’encourageaient à l’offrir à une fille quelconque qui aurait la particularité de m’intéresser. J’ai donc dû la tenir dans ma main jusqu’à ce qu’une occasion se présente de l’offrir ou de m’en débarrasser. Ce qui en quelque sorte devait revenir au même.
Je continuais à converser de quelques futilités avec quelques personnes dont je venais de faire la connaissance quand arriva Pablo. Immédiatement j’accrochai la rose sur la poche de sa chemise mais elle tomba du même coup, comme si elle était destinée à ne point me quitter.
Je la repris pour je ne sais quelle raison car j’aurais bien pu la laisser se faire écrasée. C’est alors que Pablo me dit avec cette pointe d’humour qui était le sien que la première fille qui toucherait la rose serait la femme de ma vie. Je pris cela avec le sourire d’autant qu’il s’éclipsa aussitôt de façon aussi discrète que rapide vers la piste de danse. Quelques secondes plus tard, je n’hésitai pas à mettre cette phrase dans le compte des effets secondaires de son allergie au pollen qui avait dû se réveiller dans cette fête du printemps.
Je continuai alors à essayer de m’amuser à cette soirée en demandant aux autres de m’apprendre quelques pas de danse, ou je parlai de choses et d’autres alors que la rose s’étouffait entre mes doigts assassins ou suait dans la poche de mon pantalon. Pablo revint avec sa fierté d’européen et me demanda si une fille avait touché la rose mais il n’en était rien. Il s’en est allé encore une fois alors qu’arrivait la plus proche de mes amies. Je me mis à raisonner de façon très rapide en me disant que de toutes les femmes présentes elle devait être la seule dont j’avais la certitude qu’elle ne serait pas la femme de ma vie, car malgré toutes ses qualités, j’entretenais avec elle une relation très forte dans laquelle l’amour fraternel détenait le rôle essentiel. Alors si elle touchait la rose la prophétie serait inopérante. Je déposai alors la rose bien en évidence devant sa bouteille de bière mais elle est arrivée, a pris sa bouteille et s’en retourna à ses occupations de cavalière.
Je commençais alors à douter sérieusement et à me demander si finalement la prophétie de la rose devait être fondée. Je me mis donc à observer cette rose posée sur la table pour voir qui la toucherait.
Une première fille est venue et elle n’a même pas vu la rose alors que si elle devait être la femme de ma vie, j’aurais sans doute passer cette vie toute entière à la regarder tellement elle était belle. Ce n’était pas elle, en tous cas pas cette fois Là.
A chaque fois que de loin j’apercevais une jeune fille qui se dirigeait vers la rose et qui ne correspondait pas à mon idée de la femme idéale, je priais de toute mes forces pour qu’elle ne touche pas la rose car pour dire la vérité, je commençais à croire. Alors les filles défilaient mais aucune ne toucha cette maudite rose pourtant bien en en évidence.
Le retour de Pablo avec sa question qui reçut une réponse négative coïncida avec le retour de notre amie, celle qui ne serait jamais la femme de ma vie. Encore une fois elle ne l’a pas touché car en voulant s’en saisir, on la prit par le bras pour aller danser et elle ne refusa pas. Cela ne faisait que renforcer mon hésitation à me désintéresser de cette rose. Mais je ne voulais en rien l’admettre devant Pablo de peur qu’il ne se moque de ma naïveté. Alors je lui annonçai que j’allais m’en débarrasser pour continuer à passer une bonne soirée. Mais le garçon était tenace et essaya de me convaincre que l’amour était quelque chose de beau surtout si on n’y croyait pas comme là ou si le miracle devait s’en mêler. Il me rappela alors les bizarreries des histoires d’amour de Garcia Marquez et la présence de l’inconnu. Il commença par faire étalage de la rencontre mystérieuse du jeune exorciste Cayetano Delaura et de la fille unique du marquis de Casalduero Sierva maria de Los Angeles convaincue de possession diabolique. Ils vont se vouer l’un pour l’autre une passion diabolique qui mènera à leur perte. Il poursuit par l’amour demi séculaire que Florentino Ariza vouait à Fermina Daza aux temps du choléra pour me convaincre de ne pas renoncer à cette rose.
Pris dans cet élan je poursuivais par les amours interrompues de Bayardo San Roman et d’Angela Vicario à cause d’une erreur de désir qui avait poussé cette jeune femme dans les bras d’un homme avant le mariage. Et je poursuis par la nuit tragique de la répudiation qui allait déclencher la chronique d’une mort annoncée.
Je commençais à me rendre compte de la magie de l’amour et de ses profondeurs inexplorées et sans doute inexplorables. Mais je gardais cependant toute ma lucidité et savais pertinemment que ce qui était censé me convaincre était le fruit de l’imagination débordante d’un génie de la littérature de notre temps. Cela me mettait dans des pensées fâcheuses qui penchaient toutes vers la résignation à me débarrasser de cette maudite rose. Mais la rose demeurait toujours entre mes doigts malgré que celui qui m’avait inspiré cette prophétie ne triomphât pas par ses succès en matière d’amour.
Cela commençait sérieusement à devenir pathétique car je ne m’amusais plus à cette soirée et en plus dans ce contexte la drague ordinaire pouvait porter ses fruits pour les Casanova des Samedis soir et les Don juan qui tiraient sur tout ce qui bougent sans jamais manquer de paroles.
Moi, je n’étais pas de ce genre là et je montrais toujours une attitude très passive envers les filles et cela expliquait le peu de relations amoureuses dans ma vie. La dernière fille qui avait partagé ma vie avait voulu m’emmener à la mairie car une crise de catherinette l’avait emmené à vouloir m’épouser. Elle me proposa cela le jour de son anniversaire et très vite je devais me rendre compte qu’elle n’aspirait pas au même avenir que moi.
Aucune autre femme n’avait autant marqué mon existence, pas même celle qui devait me déclarer sa flamme un jour quelques années auparavant alors que j’étais entrain de souffrir de solitude mais pas au point de m’engager avec une fille que je n’aimais pas.
Après notre conversation, Pablo partit vers la piste de danse en compagnie d’une jolie jeune fille. Je les regardais et je me délectais de leur bonheur, bougeais de leur pas sans pour autant cesser de m’interroger sur la rose maléfique. Que devais-je en faire ? La garder, mais pendant combien de temps encore ? En même temps la jeter serait peut être perdre la destinée. Je la maintenais toujours mais elle était devenue progressivement vieillissante et comme si mes doigts s’imprimaient à l’extrémité de ses pétales, elle se noircissait de plus en plus. Elle avait perdu son odeur et semblait très triste. Oui, la rose était triste hélas ! Je n’y pouvais pas grand-chose mais je décidais de laisser libre court à la prophétie pour encore Vingt minutes aux bouts desquels j’avais décidé que je me débarrasserais de cette rose. Alors je restais pendant vingt interminables minutes en priant le bon dieu pour que celle là touche la rose, pour que cette autre ne fût pas la femme de me vie….Comme dans un jeu de hasard, la question de savoir qui allait toucher la rose me hantait.
Enfin le moment tant entendu arriva où quelqu’un allait palper la rose. En effet par je ne sais quel miracle, un jeune homme prit la rose dans la main, la sentit et l’abandonna dans sa triste solitude. Heureusement que la prophétie ne jouait que pour le sexe opposé car j’aurais été très surpris que celle qui était destinée à être la femme de ma vie s’avérât être l’homme de ma vie. Je me rassurais cependant en demandant à Pablo quelques précisions. Les secondes défilèrent, les minutes s’évanouirent les unes après les autres dans la brume de la nuit que je m’étais mis à observer pour me détourner de la fleur.
Les vingt minutes passés, je décidai de m’accorder un temps d’hésitation d’autant qu’au même instant Pablo venait me poser la question de savoir si quelque fille avait touché la rose. Je lui avouai alors que j’avais espéré et crû en cette prophétie mais qu’à présent j’en avais assez d’attendre. Je jetai alors la fleur loin sur la table, dans un endroit où le fouillis ambiant m’empêcherait de la revoir. Peu importait la fabuleuse aventure que je manquerais, peu importait la femme de ma vie, peu importait la rose.
J’entrepris alors de m’intégrer dans l’ambiance résolument jouissive de cette fête. Etant donné la façon dont certains se trémoussaient au rythme des chansons populaires espagnoles dont certaines étaient interprétées par des chanteurs issus de la télé-réalité avec des thèmes aussi vastes que la légalisation du cannabis ou l’amour encore l’amour et toujours l’amour ; je me rendis compte de ce que j’avais manqué en vouant corps et âme à cette malheureuse prophétie. Le déhanché d’une des invitées m’avaient donné soif et ce qui était terrible est que c’est une de celles qui avaient frôlé la rose sans même y prêter la moindre attention. Je quittais donc le groupe avec lequel je discutais et je me retournais vers la table pour trouver du jus de fruit dans cette forêt de bouteilles d’alcool et pour cela il fallait une véritable battue. A peine je me dirigeais vers la table, j’aperçus une main entrain de s’emparer de la rose.
C’était celle d’une jeune fille. Elle la prit, la sentit et la posa sur l’oreille d’un garçon avec lequel elle semblait assez complice. La rose tomba aussitôt et la jeune fille de la reprendre et de l’accrocher à ses cheveux avec une épingle comme si elle ne voulait plus s’en détacher.
Elle avait touché la rose ! La rose triomphait au sommet de sa chevelure brune, qui elle-même triomphait sur un visage magnifique. Elle se trouvait illuminer par la réverbération du hublot et on aurait cru un ange tellement elle brillait de tout son long et tellement son sourire ressemblait à un petit oiseau qui se déposait sur une fleur dans l’atmosphère estivale du printemps. Malgré tout, je n’étais pas persuadé qu’elle fût la femme de ma vie car elle était trop belle pour que je la méritasse et en plus c’était la première fois que je la voyais.
Je me tournais aussitôt vers Pablo en lui faisant signe que la fille avait la rose. Il abandonna la cavalière avec laquelle il dansait sur une des rares chansons françaises de la soirée et en arrivant vers moi il s’écria : « bon dieu ». Il me proposa de me la présenter car elle était une de ses compatriotes. Mais je refusai sans savoir pour quelle raison, sans doute parce qu’il m’était difficile de dire à une personne que je ne connaissais pas que selon les astres elle était destinée à être la femme de ma vie. Une des raisons les plus plausibles tenaient à ma timidité légendaire qui me faisait rater de nombreuses occasions. Je me rappelais de cette fille qui avait passé une semaine entière chez moi et qui m’avait avoué qu’elle avait attendu tout le temps que je fasse le premier pas, ce qui n’arriva jamais et de toutes les filles que je me contentais de reluquer au passage du bus ou dans les couloirs de l’université.
D’un autre côté, je me disais que refuser la proposition de Pablo était une volonté de laisser libre court à la prophétie. Il fallait que ça se fasse tout seul comme dans les contes d’autant que ce garçon à qui elle avait accroché la rose ne devait pas être seulement un inconnu.
Je commençais à me lasser de tout cela et je dis à Pablo que je devais rentrer dormir. Je lisais une certaine déception dans son visage comme si pour lui la prophétie de la rose n’avait jamais été une plaisanterie comme je l’avais pensé avant de m’y embrigader. Une amie eut l’idée de rentrer en même temps que moi et je dormis profondément dès notre arrivée.
Le lendemain, la vie continua comme avant, sans que les évènements de la veille viennent s’immiscer dans les tracas de ma vie quotidienne ou s’incruster parmi mes cauchemars. Je poursuivais la routine de ma vie ce jour là dans le rayon des fruits et légumes quand je fus repris par le souvenir de la rose par cette main qui toucha la mienne.
C’était cette même main qui devait toucher la rose quelques semaines auparavant. Nous restâmes en l’état, sa main sur la mienne ou la mienne sur la sienne jusqu’à ce qu’on se rende compte de notre folie commune. On se regarda, on se sourit avec une tendresse sans égal et on rappela chacun à l’autre la fête du printemps. Notre envie de pamplemousse avait disparu et celui qui devait nous réunir fut oublié comme tous les autres dans le panier. L’évocation de la fête nous entraîna dans une conversation sans fin sur toute sorte de sujets, des plus futiles aux plus dramatiques, autour de cafés successifs et de fous rires authentiques.
Ce soir là, nous n’avions aucune envie de nous quitter. Mais notre politesse et notre réserve respectives nous emmenèrent à nous séparer. Le même soir, nous nous parlâmes des heures au téléphone et nous rêvâmes l’un de l’autre avant de nous revoir le lendemain et le surlendemain. Notre quotidien à chacun pendant les jours, les semaines, les mois puis les années suivantes ne pouvait s’imaginer l’un sans l’autre.
Je ne jouais jamais aux tombolas hebdomadaires des grandes surfaces mais j’avais toujours été jaloux du bonheur de ceux qui gagnaient les gros lots. Ce jour là, j’avais gagné le plus beau des lots et en sortant du magasin ce samedi là, je devais ressentir ce que ces gens ressentaient. Mais la différence était que ce que je gagnais ce jour là devait être le fil d’Ariane de ma vie car depuis ce jour ce fut une véritable course à la vie. Elle s’articulait autour d’un bonheur quotidien et authentique qui se concrétisait de sortie en sortie, de voyage en voyage de fous rires en larmes de bonheur, d’ébats en ébats. Les engagements que nous prenions consolidèrent peu à peu cet amour et la rose pouvait en témoigner car elle l’avait gardée depuis ce soir de fête. Elle était noircie par les années mais semblaient être devenue une rose noire car ces pétales restaient unies comme ce jour de printemps chez Anna Lucas.
Après toute cette période, ce qui devenait évident au quotidien était qu’il fallait construire une vie à deux. C’était notre hydre de Lerne car notre bonheur quotidien devait passer par la construction d’une maison, être sacralisé par le mariage et être partagé par des enfants.
Et toi mon petit fils tu es le fruit de cette union qui a commencé par des mains qui se sont touchées dans un amas de pamplemousse, grâce à la prophétie de la rose et qui se termine par le dépôt incessant d’un amas de rose car aujourd’hui ma femme est morte.
Quant à la rose, elle se désagrégea totalement de telle sorte qu’il fallut ramasser les pétales les unes après les autres pour les supplier de lui tenir compagnie jusqu’à ce que je la rejoigne dans cette demeure éternelle. andjilani soumetui
En éspérant que tu me reconnaisse. ta cousine de marseille ke tu oublies toujours.
bisous